On note déjà vers 1840, au quartier de la Buffa, la présence de plusieurs familles russes à Nice, des scientifiques, des écrivains, quelques nobles et des exilés politiques. À cette époque, peu de Russes obtiennent l'autorisation de sortir de leur pays parce que le tsar Nicolas Ier n'y est pas favorable.
En 18561, la tsarine douairière Alexandra Féodorovna effectue un premier séjour sur la Riviera. Elle est de santé fragile et on lui recommande le soleil et l'air marin. Mais, sa venue s'explique aussi par des raisons politiques : le nouvel empereur Alexandre II est à la recherche d’un port d’attache en Méditerranée car l'empire russe a perdu en 1856 la guerre de Crimée et le libre accès aux ports de la mer Noire.
Le roi du Piémont Sardaigne, Victor Emmanuel II répond favorablement à cette demande en accordant aux Russes l’usufruit de la baie de Villefranche sur mer. La famille impériale et de nombreux membres de la noblesse ont ainsi l’occasion de découvrir cette contrée « bénie des dieux », aux hivers doux et ensoleillés, située dans un environnement de mer et de montagnes. Peut-être, retrouvent-ils sur la Riviera, des paysages semblables à ceux de la Crimée2.
La communauté russe devient de plus en plus importante sur la Côte d'Azur. On vient sur la Riviera pour se divertir et aussi pour des raisons médicales afin de soigner la tuberculose et autres maladies pulmonaires. Ces hôtes sont issus de différentes classes sociales et certains mènent « grande vie ». Ils descendent dans des palaces, louent ou achètent des villas. Certaines familles font construire des demeures somptueuses qui sont toujours présentes dans la ville de Nice comme le domaine de Valrose, qui abrite aujourd'hui la faculté des sciences et le siège de l'université de Nice-Sophia-Antipolis. La villa Kotchoubey, l'actuel musée des Beaux-Arts ou le château des Ollières comptent parmi les édifices les plus prestigieux du quartier des Beaumettes.
Le début de la première guerre mondiale en 1914 marque la fin d'une époque. La plupart des hôtes russes quittent la Côte d'Azur et retournent dans leur pays.